Des faits, rien que des faits : le commerce de Maubeuge n'est plus, contrairement à ce que M. Rémi Pauvros essaie de faire croire : le constat est sans appel, il suffit de traverser Maubeuge pour se rendre compte qu'il n'y a plus rien...
Un article parut ce jour dans la Voix du nord viens corroborer ces dires, et je vous laisse le soin de vous faire votre propre opinion....
"Le Privilège, le Rallye, le Trocadero, Majuscule, l'Europe... On ne compte plus les fermetures de commerces, dans le centre-ville de Maubeuge. Charges trop élevées, manque d'écoute de la municipalité, tristesse ambiante voire sentiment d'insécurité : les raisons des fermetures et des départs sont nombreuses.
PAR VINCENT TRIPIANA
Depuis les fermetures de Lecluyse et Huré, le centre-ville de Maubeuge semble condamné à un lent déclin. Cet été, le Trocadero déposait le bilan le Ginko est fermé depuis plusieurs mois le Privilège affiche une pancarte « À vendre » et le Rallye, qui a longtemps arboré une telle pancarte, va en remettre une en vitrine. Même le café de l'Europe devrait être prochainement revendu l'endroit changerait d'activité.
Chaque commerçant a une raison différente de fermer ou de revendre. Au Privilège, avenue de France, Ahmid Azzi a baissé les bras : depuis 2002, il demande une autorisation pour ouvrir jusqu'à 4 heures. Il ne l'a jamais obtenue. Il avait aménagé une petite boîte de nuit, au sous-sol de son café, mais n'a pas pu l'utiliser : « Quand tu commences à travailler, tu dois fermer ! » Il y a une autre sono, à l'étage. Avec un boîtier qui mesure les décibels et coupe le système quand le son est trop fort. Malgré ces précautions, Ahmid Azzi reçoit régulièrement la visite de la police.
Aujourd'hui âgé de 53 ans, après avoir tenu plusieurs commerces (le Miami à Hautmont, le Caméléon à Sous-le-Bois, Au Bon Prix rue d'Hautmont et avenue Mabuse...), il a décidé de revendre le Privilège et de tenter sa chance à Lille, où il voudrait ouvrir une boucherie et une boulangerie.
Josette Goethyns tente de vendre son café Le Rallye (avenue de France) depuis un an et demi. Son mari est mort il y a deux ans et elle n'a plus ni la force ni le coeur pour poursuivre son activité. Âgée de 61 ans, « je voudrais arrêter », dit-elle.
« Le café, c'est plus ça »
Pour l'instant, les acheteurs ne se sont pas présentés. Elle a changé d'agence immobilière et espère mettre un terme à l'aventure du Rallye, commencée en décembre 1989. C'était inexorable : « Depuis l'interdiction de fumer et la multiplication des contrôles d'alcoolémie, le café, c'est plus ça. » Un autre commerçant dresse un constat plus sévère : « Les fonds de commerce n'ont plus de valeur à Maubeuge. » Les charges ont augmenté, en revanche : « Les valeurs locatives ont explosé, c'est une ville qui devient trop chère à vivre. Il faut avoir un bel apport pour reprendre un commerce ici. L'apport est de l'ordre de 60 %, contre 25 % à Lille ou sa périphérie. » Majuscule c'est encore autre chose. La papeterie-maroquinerie de l'avenue de France devrait prochainement rallier le siège social Palmiotti, route d'Avesnes à Louvroil. Un transfert qui permettra à la gérante d'agrandir et de développer l'activité, de proposer des places de parking et de se soustraire à un loyer qu'elle juge trop important.
« La ville ne fait rien pour nous, estime Ahmid Azzi. Mais les commerçants ne disent rien. à la dernière réunion, personne n'a parlé ! Ils râlent tous mais quand le maire arrive, il endort tout le monde. Moi je suis bien à Maubeuge. Toute ma vie, j'ai habité ici. Mais même mes deux enfants, qui s'étaient intéressés à l'affaire au début, font autre chose maintenant. C'est dommage un beau café comme ça qui ne marche pas. » Et il n'y a pas que le sien."
Parut dans la VDN du 25 nov 2009
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